Vaccins anti-HPV : l'Agence européenne visée par une plainte

L’Agence européenne du médicament est accusée d’avoir négligé les signalements d’effets secondaires liés au vaccin contre les papilllomavirus humain (HPV). Cette plainte déposée auprès de la Médiatrice européenne émane du Nordic Cochrane Centre un réseau indépendant de médecins et chercheurs.

L'Agence européenne est accusée par le Nordic Cochrane Centre d'avoir minimisé les effets secondaires des vaccins contre les papillomavirus.

Concrètement, le Nordic Cochrane Centre reproche à l’Agence européenne du médicament (EMA) d’avoir mal géré le dossier des vaccins contre les papillomavirus en écartant le risque d’effets secondaires rares, mais graves, liés à ce médicament. Cette

plainte très étayée (une cinquantaine de pages) a été portée auprès de la Médiatrice européenne qui l’a déclarée recevable le 5 décembre. Cochrane est un réseau mondial indépendant de chercheurs, de professionnels, de patients, de soignants et de personnes intéressées par les questions de santéUn désaccord qui date de l’été 2015Le désaccord ne date pas d’hier. En juillet 2015, les Autorités danoises de la santé et des médicaments (DHMA) ont demandé à l’Agence européenne du médicament (EMA) d’évaluer des recherches qui avaient soulevé la possibilité que les vaccins HPV puissent causer, dans de rares cas, de graves dommages neurologiques. S’appuyant sur des données de médecins du Frederiksberg Hospital de Copenhague et les données mondiales du Centre de surveillance d’Uppsala, un centre collaborateur de l’OMS, ces données évoquaient de possibles liens avec des troubles fonctionnels tels que le syndrome de fatigue chronique (SFC), le syndrome de tachycardie orthostatique (POTS) et le syndrome douloureux régional complexe (CRPS).En novembre 2015, le rapport de l’EMA donne l’impression d’un rejet unanime des méfaits soupçonnés. Alors que 7 mois auparavant, l’EMA avait conclu que “une relation causale entre le syndrome de fatigue et le syndrome douloureux, le syndrome de tachycardie posturale orthostatique et le Gardasil [un des vaccins contre le VPH] ne peuvent ni être confirmés ni niés”.Par ailleurs, le Nordic Cochrane Centre a pu mettre la main sur un rapport intermédiaire confidentiel de 256 pages, qui raconte une tout autre histoire, avec des experts qui expriment de sérieux doutes quant à l’innocuité du vaccin.Vaccin HPV et effets secondaires : qui croire ?Concernant les vaccins contre le papillomavirus, d’autres pays semblent méfiants : dans l’attente de nouvelles études, le Japon a décidé en juin 2013 de ne plus recommander cette vaccination en raison de douleurs chroniques apparues chez certaines adolescentes. Il mène actuellement des études épidémiologiques afin de savoir s’il y a lieu de revenir sur ces recommandations.En France, la couverture vaccinale reste faible et en novembre 2013, deux jeunes filles ont intenté une action en justice contre le fabricant du vaccin après avoir développé une sclérose en plaques.Existe-t-il un lien de causalité entre la vaccination et certains effets secondaires neurologiques très handicapants ? Ces effets secondaires remettent-ils en cause le rapport bénéfices/risques de cette vaccination ? Aujourd’hui, les données disponibles sont rassurantes et la plainte du Nordic Cochrane Centre ne répond pas à ces questions, elle accuse l’EMA d’incurie dans la gestion de ce dossier comme le souligne Peter Gotzsche, l’un des plaignants, professeur de médecine réputé au Danemark au

Monde “Nous ne disons pas que ce lien de causalité est certain ou que le rapport bénéfice-risque de ces vaccins est défavorable. Ce que nous contestons, c’est la manière dont l’EMA a traité cette alerte”.Les autorités françaises se veulent rassurantesLes vaccins contre les papillomavirus font l’objet

d’une surveillance renforcée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et des mesures ont été prises aux niveaux national et européen pour évaluer les effets indésirables, les effets sur la femme enceinte ou encore le développement de pathologies auto-immunes. Les résultats de ces données ont confirmé que les bénéfices attendus par la vaccination sont supérieurs aux risques.En septembre 2015, une

étude de l’Agence du médicament (ANSM) et de l’Assurance maladie portant sur plus de 2 millions de jeunes filles âgées de 13 à 16 ans montre “que cette vaccination n’entraîne pas d’augmentation du risque global de survenue de maladies auto-immunes, confirmant ainsi les données de la littérature française et internationale. Une augmentation du risque de syndrome de Guillain-Barré après vaccination contre les infections à HPV apparaît toutefois probable. Ce syndrome est déjà identifié dans l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du produit. De surcroît, ses conséquences sont limitées (1 à 2 cas pour 100 000 filles vaccinées) compte tenu de la rareté de la maladie, les deux institutions estiment que les résultats de cette étude ne remettent pas en cause la balance bénéfice-risque pour les vaccins concernés”. En France, le cancer du col de l’utérus est le 11e cancer en termes d’incidence chez la femme. En 2015, près de 3000 nouveaux cas y ont été diagnostiqués selon l’Institut national du cancer.Click Here: cheap all stars rugby jersey

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