Un bistouri intelligent pour améliorer la chirurgie des cancers

Des scientifiques ont mis au point un “bistouri intelligent“, capable de faire la différence entre un tissu sain et un tissu cancéreux. Une donnée importante qui permettrait aux chirurgiens de retirer avec plus de précision les tumeurs et réduirait le risque de récidives.

un bistouri intelligent permet de distinguer le tissu sain du tissu cancéreux. Une avancée pour la chirurgie des cancers.

Dans le cadre de la prise en charge des tumeurs solides, la chirurgie est généralement le meilleur espoir de traitement. La plupart du temps, le chirurgien enlève la tumeur en ajoutant une marge de tissu sain. Cependant, il est souvent impossible distinguer visuellement le tissu cancéreux du tissu sain. Résultat : un certain nombre de patients subissent une deuxième opération pour élever la totalité du cancer. En cas d’incertitude, le tissu prélevé est analysé pendant que le patient reste sous anesthésie générale. Mais une nouvelle technique pourrait faciliter cette analyse, donnant des résultats quasi-instantanés.Un bistouri intelligent à 300 000 eurosLe iKnife est basé sur l’électrochirurgie, une technologie inventée dans les années 1920 qui est couramment utilisée aujourd’hui. Ces couteaux utilisent un courant électrique pour chauffer rapidement le tissu, et le couper, tout en minimisant le risque d’hémorragie. En faisant cela, ils vaporisent le tissu, créant de la fumée qui est normalement aspiré par des systèmes d’extraction. Le Dr Zoltan Takats de l’Imperial College de Londres a une intuition : plutôt que de se débarrasser rapidement de ces émanations, essayons d’y trouver les informations biologiques qu’elles contiennent.Pour ne pas les voir partir en fumée, il a l’idée de relier un couteau électro-chirurgical à un spectromètre de masse – un instrument d’analyse utilisé dans tous les domaines scientifiques qui permet d’identifier les produits chimiques présents dans un échantillon. Les différents types de cellules produisent des milliers de métabolites à des concentrations différentes. En les identifiant, le profil des substances chimiques dans un échantillon biologique peut révéler des informations sur l’état de ce tissu.Une analyse fiable à 100 % en trois secondes !Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont d’abord utilisé le iKnife pour analyser les échantillons de tissus prélevés sur 302 patients en chirurgie, en enregistrant les caractéristiques de milliers de tissus cancéreux et non cancéreux (respectivement 1624 et 1309), y compris le cerveau, du poumon, du sein, de l’estomac, du colon et de tumeurs du foie afin de créer un bibliothèque de référence. Le iKnife fonctionne en comparant les résultats de son analyse durant la chirurgie à sa bibliothèque de 3 000 références, afin de déterminer quel type de tissu doit être enlevé.La technologie a ensuite été transférée dans la salle d’opération pour effectuer l’analyse en temps réel pendant la chirurgie. Chez 91 patients, le type de tissu a été identifié par le iKnife de manière aussi fiable que le diagnostic post-opératoire basé sur des méthodes traditionnelles. Et cette prouesse a été réalisée en moins de 3 secondes ! Lors de cette étude, les chirurgiens ne pouvaient pas voir les résultats de ces analyses. Mais les chercheurs espèrent demain réaliser un essai clinique pour savoir si le fait de donner ces informations aux chirurgiens en temps réel peut améliorer le traitement des patients. “Ces résultats fournissent des preuves convaincantes que la iKnife peut être appliquée dans un large éventail de procédures de chirurgie du cancer,“ a déclaré le Dr Takats. “Il donne un résultat presque instantané, ce qui permet aux chirurgiens de travailler avec un niveau de précision jusqu’alors impossible. Nous pensons qu’il permettra de réduire le taux de récurrence de la tumeur et donc de permettre à davantage de patients de survivre“.Bien que les principales avancées attendues concernent la prise en charge du cancer, les auteurs pensent que le “iKnife“ pourra avoir d’autres applications : identifier les types de bactéries présentes dans un échantillon, ou même distinguer la viande de cheval de la viande de boeuf…David BêmeSource : Intraoperative Tissue Identification Using Rapid Evaporative Ionization Mass Spectrometry – Júlia Balog et al. – Sci Transl Med17 July 2013 – Vol. 5, Issue 194, p. 194ra93 (

abstract accessible en ligne)L’étude a été financée par l’Institut national de recherche en santé (NIHR), Centre de recherche biomédicale Imperial, le Conseil européen de la recherche et de l’Office national hongrois pour la recherche et la technologie.Photo : Imperial College LondonClick Here: All Blacks Rugby Jersey

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