Sida : un anneau vaginal avec un microbicide réduit le risque d'infection

Un anneau vaginal contenant un nouvel antirétroviral permet de réduire d’environ 30 % en moyenne le risque d’infection par le virus du sida chez les femmes. Les résultats de ces deux essais cliniques conduits en Afrique pourraient offrir aux femmes de nouveaux moyens de protection contre le VIH.

En Afrique le risque de transmission du VIH est élevé pour les femmes. 

L’intérêt des anneaux microbicides dans les pays en développementL’usage de ces anneaux présente un intérêt particulier pour les femmes dans les pays en développement où les taux d’

infection par le VIH sont élevés, et où elles sont nombreuses à avoir le plus grand mal à persuader les hommes d’utiliser des

préservatifs, a expliqué la Dr Zeda Rosenberg, qui dirige l’International Partnership for Microbicides (IPM) ayant présenté les résultats des études.Seulement voilà, plusieurs études ont été conduites pour évaluer l’efficacité d’anneaux vaginaux contenant différents microbicides anti-VIH chez des femmes africaines mais jusqu’ici, l’incidence de transmission du virus n’a pas été modifiée par l’utilisation de ces dispositifs, très probablement en raison de problèmes d’adhésion au traitement.Deux essais avec des résultats positifsLes résultats des deux essais ont été présentés à la conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) qui se tient cette semaine à Boston, Massachusetts, Etats-Unis.Dans les deux essais, ont été testés des anneaux inspirés de ceux utilisés pour la

contraception, mais contenant un antiviral expérimental, la dapirivine qui se diffuse progressivement. Les anneaux doivent être changés tous les mois.Au total 4 588 femmes séronégatives âgées de 18 à 45 ans au Malawi, en Afrique du Sud, en Ouganda et au Zimbabwe ont participé à ces deux études cliniques de phase 3 appelées “The Ring“ et “Aspire“, entre 2012 et 2015. Les deux études ont comparé les taux de transmission du

VIH en divisant les femmes en 2 groupes : le premier portant l’anneau avec le microbicide, le deuxième un anneau avec un placebo. La répartition des femmes à l’un ou l’autre groupe a été faite par tirage au sort en double aveugle (ni le prescripteur ni la femme ne savaient quel anneau était mis en place).Une réduction moyenne de 30 % du risque d’infection, avec des variations importantesL’étude Aspire est la plus importante, totalisant 2629 femmes parmi lesquelles 168 infections au VIH-1 ont eu lieu : 71 dans le groupe des femmes portant un anneau avec la dapivirine et 97 dans le groupe placebo. Ainsi, dans la première analyse, l’infection par le VIH était 27 % inférieure dans le groupe anneau avec dapivirine par rapport au groupe placebo.Il est à noter que dans cette étude, l’analyse de deux sites a été exclue en raison d’une mauvaise adhésion au traitement. Une fois ces deux sites exclus de l’analyse, la diminution de la transmission du virus était inférieure de 37 % dans le groupe anneau avec microbicide par rapport au groupe placebo. Par ailleurs, en analysant les résultats par groupes d’âge, les chercheurs notent que la diminution de la transmission du virus est inférieure à 27 % chez les femmes âgés de 21 ans ou moins portant l’anneau avec microbicide et que cette diminution est plus importante, de 56 % chez celles âgées de plus de 21 ans. Selon les auteurs, cette différence est corrélée à une meilleure adhésion au traitement chez les femmes de 21 ans ou plus.Des résultats différents dans les deux étudesLes résultats de l’étude The ring n’ont pas encore été publiées mais selon la présentatrice lors du congrès de la CROI, ils sont un peu différents à ceux de l’étude Aspire.Ainsi, en tenant compte de la population des deux études, les femmes qui utilisaient l’anneau vaginal microbicide ont réduit leur risque d’infection par le VIH de 27% à 31% comparativement à celles qui avaient un placebo.Et les anneaux se sont avérés nettement plus efficaces chez les femmes de plus de 25 ans, chez qui ils ont réduit le risque d’infection de 56 % dans l’étude Aspire et de 37 % dans la seconde (The Ring).“Ces résultats donnent un nouvel espoir à de nombreuses femmes à haut risque d’infection qui ont besoin de davantage d’options pour se protéger efficacement du VIH“, a souligné la Dr. Rosenberg.“Les femmes ont besoin d’un moyen discret et qui agit sur de longue période pour se protéger du VIH qu’elles contrôlent et désirent utiliser“, a estimé le Dr. Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) qui a financé l’essai Aspire, publié dans le New England Journal of Medicine.Environ 37 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde dont plus de la moitié sont des femmes, selon l’Institut national américain de la santé (NIH).Dr Jesus Cardenas avec AFP/RelaxnewsSource : Beeten JM, Palanee-Phillips T, Brown ER, Schwartz K et al. Use of a vaginal ring containing dapivirine for HIV-1 prevention in women. New England Journal of Medicine 2016, February 22 (

disponible en ligne).

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