Sia, la Greta Garbo de la pop

Son titre Chandelier est l’un des tubes de cet été. Un exploit d’autant plus remarquable que cette Australienne le chante sans découvrir son visage. Explications.Par Erick Grisel

Ceux qui l’ont vue, ou plutôt entendue, pour la première fois à la télévision américaine, dans les émissions d’Ellen DeGeneres ou de Seth Meyers, ont d’abord cru à une blague digne de Lady Gaga. Sia interprétait son single Chandelier dos au public, le nez collé à un mur, ou la tête enfouie dans un oreiller, allongée à plat ventre sur un lit. Le genre d’excentricités qui, sitôt l’effet de surprise passé, grillerait n’importe quelle chanteuse. Sauf elle. Car même désincarnée, la voix de cette Australienne de trente-huit ans prend toute son ampleur, montant parfois si haut qu’on se demande si elle ne va pas casser. Mais non. Elle ne rompt pas. A l’instar de son interprète, toujours debout, malgré les drames qui ont ponctué son existence…

En 1997, à l’âge de vingt-deux ans, Sia Furler, de son nom complet, quitte son Australie natale et son groupe de rock, Crisp, pour rejoindre son petit ami en Angleterre. Mais à peine est-elle arrivée que ce dernier meurt, renversé par un taxi dans une rue de Londres. Pour Sia, c’est le début du cauchemar : elle tombe dans la dépression, multiplie les addictions et tente de se suicider. Petit à petit, la musique lui redonne le goût de vivre. Son premier titre remarqué, Breath Me, habille les sublimes cinq dernières minutes de la série Six Feet Under.

Tout en sortant des albums solo, Sia collabore avec les plus grandes stars de la pop : Black Page de Christina Aguilera, Loved me Back to Life de Céline Dion ou encore Diamonds de Rihanna, c’est elle ! Des titres ultra-efficaces qu’elle écrit et compose, avec son acolyte Greg Kurstin, en une heure à peine, parfois quinze minutes, sans même savoir lire une partition ou taper deux notes sur un piano. Au contact des Katie Perry, Beyoncé ou Shakira, elle a acquis une certitude : celle de ne jamais se laisser dévorer, comme elles, par la gloire et les honneurs. « La célébrité est comme une belle-mère intrusive. J’ai travaillé avec beaucoup de célébrités et j’ai trop vu leur belle-mère ! », a-t-elle déjà confié au magazine américain Billboard.

Malgré ce constat désabusé et la maladie de Basedow (une forme d’hyperthyroïdie) qui la rend agoraphobe, Sia ne veut pas renoncer à la scène. Lui vient alors cette idée saugrenue: chanter de dos, cacher son visage, n’être qu’un corps mal attifé, coiffé d’une perruque blonde en nylon. Un véritable pied de nez au culte de l’apparence. Même en une de Billboard, la chanteuse pose avec un sac en papier sur la tête. Petite provocation (ou stratégie marketing, c’est selon), qui sera reprise par l’acteur Shia Labeouf sur le tapis du Festival du film de Berlin.

Mais dans l’industrie musicale, la rébellion et le refus du compromis a ses limites : le 2 août dernier, à Palm Spring, la chanteuse a épousé le réalisateur Erik Anders Lang, sous l’objectif du sulfureux photographe Terry Richardson. Sia s’est même fendue de ce tweet destiné à ses milliers de followers : « Oh mon Dieu, Oh mon dieu, je suis folle de joie ! » Finalement, Shakira ou Rihanna n’aurait pas dit mieux…

Crédits photos : Michael Tran

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