Quelle alternative au THS face à l'ostéoporose ?

Aujourd’hui, le recours aux traitements hormonaux substitutifs n’est plus d’actualité. Mais pour les femmes ménopausées, quelles sont les alternatives pour lutter contre l’ostéoporose ? Réunis dans le cadre du salon de la médecine, des experts répondent.

Si la ménopause n’est pas une maladie, elle occasionnecependant des bouleversements physiologiques qui contribuentà l’apparition de troubles climatériques (dont lesprincipaux sont les bouffées de chaleur) et surtout ledéveloppement de l’ostéoporose.Ménopause : gare à l’ostéoporose !
Lors de la ménopause, les carences hormonales favorisent lafragilisation des os. Associé à une trop grandesédentarité ou à des carences en calcium, lesquelette se met à “fondre“. L’ostéoporose intervientlorsque votre capital osseux est trop faible ou la perte osseusetrop rapide. Pour juger de votre densité minéraleosseuse, un examen radio appelé densitométrie osseusedoit être utilisé.
L’ostéoporose est loin d’être anodine. On comptechaque année 130 000 fractures ostéoporotiques.Après 50 ans, ces traumatismes touchent 40 % des femmes…« Fracture du poignet, tassements vertébraux, fracturedu col du fémur sont autant de manifestations connues del’ostéoporose. Mais des fractures de la cheville ou de laclavicule peuvent également évoquer une perte de ladensité osseuse » témoigne le Dr Marie-AlineLimouzin-Lamothe, gynécologue à Paris.Arrêter le THS, mais après…
En France, plus de dix millions de femmes sontménopausées. En 2002, deux millions d’entre-ellesprenaient un traitement hormonal substitutif (THS). Maisaprès avoir longtemps étéconsidéré comme la panacée, ces produits ontrécemment été au cœur d’une tourmentemédicale. Deux études anglo-saxonnes ont remis encause leurs bénéfices et ont conduit l’Agencefrançaise de sécurité sanitaire des produitsde santé (Afssaps) à restreindre leurs indications.L’écho médiatique de ces études aété tel que 32 % des femmes sous THS ontarrêté leur traitement entre septembre 2002 et juillet2003 (1).
Mais cette décision n’est pas sans conséquence sur laprévention de l’ostéoporose. Les femmes quiarrêtent le THS perdent les bénéfices dutraitement en matière de santé osseuse dèsl’arrêt du traitement, et peuvent rapidement présenterune perte significative de leur masse osseuse. Il ne faut donc pastarder à réagir. Mais quelle attitude adopter ? Troisprofessionnels de santé ont fait le point lors du salonMedec 2004.Des alternatives éprouvées
Devant l’affolement suscité par les deux étudesremettant en cause le THS, certaines femmes ont refusé deprendre toute autre thérapeutique ou se sont tournéesvers des médecines naturelles. Selon le Dr Serge Rafal,médecin généraliste à Paris « Ilconvient aujourd’hui de mieux canaliser ces demandes puisqu’onestime que 60 à 70 % des femmes ont eu recours à desmédecines douces après l’arrêt de leur THS. Orles effets sur le sein ou l’efficacité desphytoestrogènes ou de la tibolone restent pour la plupartà évaluer ».
Selon le Pr. Patrick Gepner, rhumatologue à Suresnes, lesspécialistes ne sont pas désarmés face auproblème de l’ostéoporose. D’autres moyens deprévention que le THS doivent être envisagés enparticulier une bonne hygiène de vie, un régime richeen calcium et en vitamine D. En prévention secondaire,d’autres traitements médicamenteux ont fait leurs preuvesparmi lesquels les SERMS et surtout les biphosphonates.
• Les SERMS sont des modulateurs sélectifs del’activation des récepteurs aux oestrogènes. Cescomposés ont donc un effet protecteur vis-à-vis de laperte osseuse et des maladies cardiovasculaires sans êtreà l’origine d’une augmentation du cancer du sein ou del’utérus. Mais ces composés n’ontdémontré leur efficacité que sur laprévention des tassements vertébraux et non sur lesautres fractures, y compris celle du col du fémur.
• Les biphosphonates sont des inhibiteurs de larésorption osseuse. Ils bloquent l’activité desostéoclastes et limitent ainsi la destruction de l’os. Leuradministration permet d’accroître la densité osseusede 5 à 10 % et de diminuer de plus de 40 % le risque defractures. Certains d’entre eux possèdent l’indication“prévention de l’ostéoporose”. Laprescription de ces médicaments sera systématiquementassociée à la prise de calcium, afin de leurpermettre d’exercer pleinement leurs effets au niveau de l’os.Dans une étude conduite chez des femmesménopausées avec une densité osseuse basseayant récemment arrêté leur THS, unbiphosphonate (l’alendronate) a prévenu la perte osseuse etaugmenté de manière significative la densitéosseuse du rachis et de la hanche par rapport à un placebo2.Mis sur le marché en 1995 aux Etats-Unis, ce composévient de faire la preuve de son efficacité et de sa bonnetolérance sur 10 ans(3).Alors tout comme le rappelait les récentes conclusions del’Afssaps, n’interrompez pas votre THS sans en parler àvotre médecin. Ce dernier pourra si besoin vous orientervers d’autres médicaments capables de lutter contre la perteosseuse. N’attendez pas la fracture, il est aujourd’hui possible deprévenir l’ostéoporose.David Bême
1 – Enquête SOFRES – Association française pourl’étude de la ménopause (Afem)présentée dans le cadre des journées de l’Afemet conduite auprès de 8 000 femmes – novembre 2003
2 – Arch Intern Med. 2003 Apr 14;163(7):789-94.
3 – NEJM 2004, March 18, N°12 Volume 350:1189-1199.

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