Première mondiale : greffe réussie d'une bronche artificielle à Bobigny

Une équipe de l’hôpital Avicenne à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, a réussi une première mondiale en réalisant avec succès la greffe d’une bronche artificielle chez un patient atteint de cancer du poumon, lui évitant ainsi l’ablation totale du poumon affecté. Un espoir pour les patients atteints de cette terrible maladie, l’ablation entraînant des complications cardiaques et pulmonaires importantes.

L’équipe du Pr Emmanuel Martinod (chirurgie thoracique et vasculaire, pôle hémato-onco-thorax) a attendu le 3 mars 2011 pour annoncer la réalisation de cette greffe de bronche artificielle chez un patient atteint d’un cancer du poumon afin d’avoir le recul suffisant pour parler de succès. Cette innovation chirurgicale a non seulement permis d’ôter la tumeur cancéreuse avec des marges de sécurité plus importantes, mais aussi d’éviter l’ablation complète du poumon, comme c’est aujourd’hui très souvent le cas. La pneumonectomie expose à un risque de mortalité de 26 % à 90 joursEn effet, chez des patients présentant une tumeur de stade précoce non-métastatique située au centre du poumon, la pneumonectomie (ablation totale du poumon) est parfois nécessaire. Or cette intervention est, toutes spécialités confondues, la plus risquée, exposant à un risque de mortalité à 90 jours de 26 %, selon certaines études internationales. En outre, pour ceux qui survivent, s’il est possible de vivre avec un seul poumon, les fonctions respiratoires et cardiaques sont considérablement affectées, en faisant une maladie à part entière. Actuellement, la seule alternative conservatrice consiste à épargner au moins un des lobes du poumon (le poumon droit est composé de trois lobes, le poumon gauche de deux). Pour y parvenir, les chirurgiens procèdent à une résection anastomose-bronchique, qui consiste à raccorder la partie de bronche saine depuis la trachée à une portion de bronche conservée au niveau du lobe pulmonaire. Mais cette technique, qui ne peut être réalisée que dans 1 % des cas, pose à la fois des problèmes techniques (risques de tension lorsque les portions utilisables sont trop courtes) et médicaux (risques de récidive élevés). 10 ans d’expérimentations

Cancer du poumon : la greffe d’une bronche artificielle
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Doctissimo. –

L’info video en direct.Depuis dix ans, l’équipe du Pr Martinod expérimente dans le laboratoire du Pr Alain Carpentier des greffes de trachée et de bronches. Après plusieurs essais infructueux utilisant des prothèses, les chercheurs ont fini par concevoir une bronche artificielle à partir de l’aorte et de cellules bronchiques. Ils ont plus précisément utilisé l’architecture tubulaire de l’aorte pour constituer une matrice sur laquelle ils ont reconstitué du tissu bronchique. Si les premières greffes ont été réalisées avec les tissus du patient (autogreffe), les médecins ont ensuite réalisé que les conduits aortiques disponibles dans les banques de tissus ne présentaient aucun problème de compatibilité et offraient les mêmes chances de succès. Après une centaine d’opérations réalisées sur un modèle expérimental, les médecins ont appliqué leur technique sur un patient de 78 ans qui cumulait trois facteurs de risque aggravé au regard d’une ablation complète du poumon (âge, intervention sur le poumon droit, chimiothérapie ou radiothérapie préalable). Ce patient a été opéré le 28 octobre 2009 à l’hôpital Avicenne (Assistance publique-Hôpitaux de Paris). Pour consolider la structure greffée, les médecins ont mis en place un stent (une structure métallique assurant une rigidité au greffon). Les suites opératoires ont été très rassurantes, amenant les médecins à estimer “avoir trouvé la matrice idéale“. Très prudents néanmoins, ils souhaitent attendre les résultats d’une étude menée chez 20 à 30 patients et portant sur la mortalité et les complications à 90 jours avant de conclure. Deux questions majeures restent en suspens, auxquelles devra répondre l’étude, indiquent-ils : “le greffon va-t-il se transformer en néo-bronche comme lors de la phase expérimentale ? Va-t-on pouvoir retirer les stents chez ces patients, en récupérant une rigidité naturelle suffisante ?
Cette innovation chirurgicale doit faire bientôt l’objet d’une publication dans la revue internationale de référence “The Annals of Thoracic Surgery“.
Amélie PelletierSource : Communiqué de presse des Hôpitaux Universitaires Paris-Seine-Saint-Denis Avicenne-Jean Verdier – René Muret, de l’Université Paris Descartes, de l’Université Paris 13, de la Sorbonne Paris Cité et de l’AP-HP, le 3 mars 2011.En vidéo, l’interview du Pr Emmanuel Martinod (AP-HP).Click Here: Cheap FIJI Rugby Jersey

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