Moi, Tonya “n’est pas qu’un film sur le patinage” selon Margot Robbie

AlloCiné a rencontré Margot Robbie et Craig Gillespie, respectivement tête d’affiche et réalisateur de “Moi, Tonya”, à (re)découvrir dès aujourd’hui en Blu-ray DVD. Un film sur les dessous peu reluisants du patinage… mais pas que.

AlloCiné : Le site américain The Playlist a appelé ce film “Les Affranchis du patinage à glace”. Vous êtes d’accord ?

Click Here: New Zealand rugby store

Margot Robbie : C’est mon slogan préféré, j’adore ce film ! Nous n’aurions pu rêver d’une meilleure comparaison. Le film et Craig, le réalisateur, se sont vraiment inspirés de Martin Scorsese et David O. Russell.

Craig Gillespie : J’en suis flatté, j’adore ce film ! Avec le crime, la violence, le drama mais aussi la comédie… Oui c’était très clairement l’une de nos inspirations.

AlloCiné : Les films “sérieux” sur le patinage sont assez rares. C’est un sport dont on aime se moquer au cinéma. Ce n’était pas un risque que de faire Moi, Tonya ?

Craig Gillespie : C’était un énorme risque mais c’est ce que j’ai aimé dans ce projet. Nous savions que le challenge allait être difficile. Margot et moi avons beaucoup discuté en amont de la direction que nous allions prendre. Mais le script était tellement incroyable – il vogue entre deux extrêmes – que j’étais certain qu’on allait y arriver. Je le dois à tous les acteurs.

Le patinage artistique au cinéma, c’est un sujet qui n’attire pas vraiment les gens. Que leur diriez-vous pour les convaincre d’aller voir ce film ?

Margot Robbie : Avant de lire le script, je ne connaissais rien du patinage artistique et de cet univers, je n’avais regardé aucune compétition. Mais après l’avoir lu, j’étais comme obsédée et sous le choc, quand j’ai découvert que cette histoire était vraie. Mais Moi, Tonya, n’est pas qu’un film sur le patinage. Ça tourne autour de ces personnages hors du commun. Leur version des faits change constamment. C’est ironique, tragique et absurde à la fois. A certains moments, c’est à mourir de rire et à d’autres, c’est horrible. Mais au final, on s’attache à ces personnages et on se pose certaines questions, notamment sur la manière dont on consomme les médias, la perception de la réalité, la place de la femme à l’époque et comment cela a évolué…

Craig Gillespie : Pour moi, ce n’est pas un film sur le patinage, mais plutôt une critique des médias et comment on perçoit les évènements à travers eux. La véritable Tonya Harding a été diabolisée par la société. Nous l’avons rapidement jugée. Et j’aime le fait que ce film apporte un prisme humain à cette histoire.

Le film ne prend d’ailleurs pas partie…

M.R. : Il ne s’agit pas de retranscrire fidèlement la réalité, à savoir, ce qui s’est passé, qui a fait quoi, qui est coupable etc. Chaque personnage a sa propre vision de la vérité et ils s’y tiennent corps et âme.

C.G. : C’est vrai que c’est assez rare au cinéma, on voit plutôt ça dans les documentaires. Le film présente tous les points de vue et c’est aux spectateurs de choisir qui est selon lui le coupable. Il y a un côté interactif dans tout ça. C’est là que le jeu d’acteur est important : ils doivent incorporer assez de sincérité pour qu’on les croit.

Je sais que la vraie Tonya Harding a vu le film : qu’en a-t-elle pensé ?

M.R. : Elle nous a dit qu’on avait bien retranscrit l’essence de chaque personnage. Elle avait vraiment l’impression d’être face à sa mère en voyant Allison Janney. La prestation de Sebastian Stan a ravivé quelque chose de terrifiant en elle. Elle a pleuré et elle a ri… Mais ce qui l’a particulièrement touché, c’est le fait que son histoire soit enfin entendue.

Vous co-produisez Moi, Tonya, via votre société de compagnie. Pouvez-vous nous en parler ?

M.R.  : Nous avons lancé avec ma meilleure amie une société de production. Notre but est de raconter l’histoire de femmes incroyables, racontée par des femmes, avec  une équipe principalement féminine. Nous avons élargi notre champ d’action, en produisant autant des films indépendants que des grosses productions. Nos histoires se veulent différentes et plus sincères.

Craig, vous avez rencontré Nancy Kerrigan il y a quelques années pour tourner avec elle :

C.G. : (rires) Oui, la vie est parfois bizarre. J’ai tourné une publicité avec elle à l’époque où j’étais encore dans le milieu, trois mois avant le fameux incident ! D’ailleurs dans cette vidéo, elle recevait un coup de crosse d’un hockeyeur sur glace. Et peu de temps après elle en recevait un vrai au genou. Donc je connaissais ce scandale et comme tous les Américains, je me suis laissé convaincre par les médias et j’étais persuadé que Tonya et Jeff étaient coupables.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *