L'ostéoporose : un danger souvent sous-estimé

L’ostéoporose est encore trop souvent perçue comme une conséquence inévitable du vieillissement et non comme une véritable affection. Telle est l’une des conclusions de l’enquête commandée par le Groupe de recherche et d’informations sur cette maladie. Zoom sur ces résultats.

A la demande du Groupe de recherche et d’informations surl’ostéoporose (Grio), l’Institut Louis Harris ainterrogé 252 femmes âgées de 40 à 75ans sur l’ostéoporose, dont 59 % étaientménopausées. Découvrez leur vision parfoissurprenante de cette maladie des os fragiles.L’ostéoporose n’est pas une fatalitéL’ostéoporose est perçue comme un problèmelié au vieillissement autant que comme une réelleaffection. Ainsi pour 44 % des femmes interrogées, cettemaladie n’est rien d’autre qu’une maladie de l’âge. Seulement16 % des femmes ménopausées et 24 % des femmesnon-ménopausées la considèrent comme unepathologie à part entière. L’ostéoporose n’estpourtant pas une fatalité, des mesures préventives oucuratives permettent désormais de tenir tête àcette perte osseuse.Si 70 % des femmes savent que l’ostéoporose entraînede fréquentes fractures du col du fémur, le tassementvertébral est un danger totalement sous-estimé. “Lesdeux fractures vedettes (poignet et col du fémur) sont bienconnues, contrairement à celles des vertèbres. Cephénomène est amplifié par l’utilisation duterme “tassement“ moins inquiétant mais surtout moinsévocateur que celui de fractures vertébrales.Résultat : la gêne et le handicap liés àces problèmes sont passés trop souvent sous silence“commente le Pr. Christian Roux, président du Groupe derecherche et d’informations sur les ostéoporoses (Grio).Fort de son expérience clinique, ces fracturesvertébrales sont fréquemment à l’origine dedifférences importantes entre la taille annoncée parla patiente et celle mesurée lors de consultationspécialisée. Une différence qui, selon lui,peut atteindre 5 à 10 cm !Des conséquences souvent minimiséesAu palmarès des maladies les plus redoutées,l’ostéoporose se classe en 5e position derrière lecancer, la maladie d’Alzheimer, l’hémiplégie etl’infarctus du myocarde. Pourtant, cette place d’honneur està mettre en parallèle avec une autre hantiseféminine. Le handicap est la conséquence duvieillissement la plus fortement crainte : marche difficile – 65à 73 % -, dos rond – 27 à 30 % -, devant les rides etle relâchement de la peau – 21 à 29 %. “Lesconséquences de la maladie sont bien souventminimisées. Une perception qui se traduit bien par l’absencede lien entre la peur du handicap et l’ostéoporose alors queces deux notions sont rarement étrangères“précise le Pr. Christian Roux.Alors que le risque de fractures liées àl’ostéoporose est connu pour près de huit femmes surdix, le risque d’invalidité est minimisé. Seulement56 % des femmes ménopausées ont conscience de cedanger (46 % des femmes non ménopausées).Méconnaissance de la prise en chargemédicamenteuseLes femmes ont globalement une bonne connaissance des mesureshygiéno-diététiques permettant deprévenir l’ostéoporose. Les femmes avant etaprès la ménopause sont respectivement 79 % et 63 %à évoquer le lait, 75 % et 60 % l’exercice physique,48 % et 54 % la prise de calcium… Mais elles sont peu nombreusesà citer l’exposition solaire (environ 20 %) pourtant capitalpour la fixation du calcium sur l’os et moins d’un tiers àenvisager la prise de médicaments. La connaissancemême de traitements curatifs de l’ostéoporose restefaible : 42 % des femmes ménopausées et 39 % desfemmes non ménopausées l’ontévoqué.Chef de service de rhumatologie du CHU Nord-Amiens, le Pr. PatriceFardellone rappelle que : “Chaque année, surviennent 40 000fractures du poignet, probablement plus de 60 000 fracturesvertébrales et 50 000 fractures de l’extrémitésupérieure du fémur. Ces dernières sontresponsables de graves handicaps justifiant fréquemmentd’une hospitalisation ou une mise en institutionspécialisée. Par ailleurs, les décèssont fréquents dans l’année qui suit l’accident.Malgré ce terrible bilan, cette maladie souffre encore d’undéficit d’image auprès de la populationgénérale et même des médecins“. Alors levieillissement de la population va immanquablement s’accompagnerd’une augmentation de l’ostéoporose, il est temps selon luique cette maladie ne reste pas le parent pauvre des maladies lesplus fréquentes et les plus graves.Pour améliorer cette situation, le Grio et laSociété française de chirurgieorthopédique et traumatologique (Sofcot) ont publiéune fiche d’information disponible en ligne(http://www.sofcot.fr/). Par ailleurs, avec le soutien dedifférents laboratoires, le Grio organise différentesmanifestations tout au long de l’année, dont la plusimportante est la journée nationale placée sousl’égide de la fondation internationale del’ostéoporose (http://www.osteofound.org/).David Bême

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