Les déodorants anti transpirants modifieraient le microbiome de nos aisselles

Une étude publiée le 2 janvier 2016 dans le journal Peer J suggère que les déodorants anti transpirants pourraient modifier la “communauté“ bactérienne des aisselles.

L’utilisation d’un déodorant ou d’un anti-transpirant réorganise complètement l'écosystème microbien de votre peau.

Des trillions de bactéries et autres microbes résident naturellement à l’intérieur de notre corps et sur la surface de notre peau. La plupart d’entre eux sont totalement inoffensifs, voire même bénéfiques puisque certains protègent la peau de nuisibles et peuvent même “éduquer“ les cellules du système immunitaire qui habitent notre peau. “Nous savons que ces microbes de la peau interagissent avec le système immunitaire. Il est donc important de prendre en compte ce que provoque nos habitudes quotidiennes sur le microbiome de la peau“, explique Julie Horvath, une des chercheuses à l’origine de l’étude.La scientifique s’est intéressée aux effets d’un anti transpirant sur le microbiome après avoir réalisé une expérience sur ses collègues et sur elle-même. “Nous avons voulu comprendre quel effet anti transpirant et déodorant ont sur la vie microbienne de notre corps, et comment nos habitudes quotidiennes influent sur la vie qui vit en nous“, a-t-elle expliqué.Après avoir prélevé des échantillons de leur transpiration sous les aisselles, ils les ont cultivés dans le but de savoir quels microbes y habitaient. Elle a été surprise de constater en observant ses résultats que ses aisselles n’abritaient aucun micro-organisme !Déroulement de l’étudePour aller plus loin, Julia Horvath a décidé de recruter 18 volontaires pour mener une expérience sur 8 jours. Huit hommes et femmes devaient utiliser un anti-transpirant régulièrement, cinq un déodorant et cinq autres n’utilisaient aucun des deux produits.Le premier jour, tous les volontaires devaient suivre leur routine d’hygiène habituelle (avec anti-transpirant, déodorant ou aucun produit). Le second jour, et ce jusqu’au sixième, ils ne devaient appliquer aucun produit sur leurs aisselles. Enfin, les deux derniers jours ils devaient tous utiliser un anti-transpirant.En exploitant les résultats, les scientifiques ont constaté que les volontaires ayant utilisé un anti-transpirant avaient tendance à avoir moins de bactéries sous leurs aisselles dès le premier jour par rapport aux utilisateurs de déodorants et à ceux qui n’utilisaient aucun produit. Ils ont également constaté que ceux qui avaient utilisé du déodorant étaient ceux qui avaient finalement le plus de bactéries au niveau des aisselles.RésultatsDu jour 2 au jour 6 (période pendant laquelle tous les volontaires ne devaient utiliser aucun produit), les scientifiques ont constaté que tous présentaient des quantités de bactéries similaires. Cependant, le type et la diversité de celles-ci variaient considérablement.Parmi les personnes qui n’utilisaient habituellement aucun produit, 62% de bactéries de type Corynebacterium étaient présentes dans les échantillons prélevés sur leurs aisselles, contre 21% de Staphylocoques.Cette tendance a été inversée chez les gens qui portaient habituellement des anti-transpirants ou du déodorant avec une quantité de Staphylocoques dominante (60%).Les Corynebacterium sont en partie responsables de l’odeur dégagée par le corps et l’aide à se défendre contre les bactéries nocives. Les Staphylocoques ont quant à eux mauvaise réputation, mais la plupart des souches sont pourtant bénéfiques.“L’utilisation d’un déodorant ou d’un anti-transpirant réorganise complètement l’écosystème microbien de votre peau. Et nous ne savons pas quel effet cela a sur notre peau et sur notre santé. Est-il bénéfique ? Est-il préjudiciable ? Nous ne savons vraiment pas à ce point. Ce sont des questions que nous sommes potentiellement intéressés à explorer“, conclue Horwath.

Quid du déodorant anti transpirant ?Un déodorant anti transpirant permet de réguler la sécrétion de sueur afin réduire la transpiration des aisselles en déposant des sels d’aluminium, son principe actif, à la surface de la peau. Ces derniers déposent une pellicule qui resserre les pores pour diminuer la transpiration et détruisent les bactéries responsables des mauvaises odeurs. Depuis de nombreuses années, les

sels d’aluminium font l’objet d’une très grande controverse, notamment parce qu’ils seraient soupçonnés d’augmenter les risques de

cancer du sein (même si cela n’a pas encore été prouvé scientifiquement).Aurélie SognySources :
1-“The effect of habitual and experimental antiperspirant and deodorant product use on the armpit microbiome“ Julie Horvath and al., étude publiée le 2 février 2016 sur le site Peer J, (

extrait en ligne). 
2-“Study Pits Antiperspirants Against Underarm Bacteria“, article publié le 2 février 2016 sur 

philly.com.

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