Le cerveau doit faire le vide pour se concentrer

Pour pouvoir se concentrer, le cerveau doit “éteindre“ un groupe de neurones, qui fonctionne en permanence même lorsque nous n’avons rien à faire. Ce réseau peut perturber notre attention quand il n’est pas suffisamment désactivé. Cette découverte d’une équipe lyonnaise démontre que notre cerveau fonctionne en permanence entre “réseau de l’attention“ et “réseau par défaut“.Réseau de l’attention et réseau par défaut

Lorsque nous nous concentrons sur ce qui nous entoure, certaines régions du cerveau s’activent : c’est le réseau de l’attention. Dans le même temps, d’autres régions interrompent leur activité, comme si elles gênaient d’ordinaire l’orientation de l’attention vers le monde extérieur. Ces régions forment un réseau appelé “réseau par défaut“, parce qu’il a longtemps semblé s’activer quand le cerveau n’a rien de particulier à faire.Après 10 ans de recherche en neuroimagerie, ce réseau mystérieux (“l’énergie noire du cerveau“ selon l’un de ses découvreurs, Marcus Raichle) s’est vu associé à de nombreux phénomènes intimes et privés de notre vie mentale : perception de soi, évocation de souvenirs, imagination, pensées…Le cerveau perpétuellement activéAujourd’hui, une étude réalisée par une équipe du Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon révèle comment ce réseau interfère avec notre capacité à porter attention, en mesurant pour la première fois l’activité des neurones du réseau par défaut dans le cerveau humain à l’échelle de la milliseconde, grâce à une collaboration avec le service d’épilepsie de Philippe Kahane à Grenoble.Les résultats montrent sans ambigüité que lorsque nous cherchons un objet autour de nous, les neurones de ce réseau par défaut interrompent leur activité. Mais cette interruption ne dure que le temps nécessaire à la recherche : aussitôt l’objet trouvé, et en un dixième de seconde à peine, le réseau par défaut reprend son activité comme avant. Et si parfois notre réseau par défaut ne se désactive pas suffisamment, nous mettons plus de temps pour trouver l’objet. 

Lorsque nous cherchons attentivement un objet autour de nous, les régions cérébrales indiquées en rouge s’activent ;
mais dans le même temps, il tout aussi nécessaire que celles indiquées en bleu se désactivent.Ces résultats attestent d’une compétition féroce au sein du cerveau pour nos “ressources attentionnelles“ : lorsqu’elles ne sont pas utilisées pour l’analyse active de notre environnement sensoriel, elles sont instantanément redirigées vers des processus mentaux plus internes. Le cerveau ne reste donc jamais sans rien faire, pas même pendant un dixième de seconde.David BêmeSources :Communiqué de l’Inserm du 28 octobre 2011Transient Suppression of Broadband Gamma Power in the Default-Mode Network Is Correlated with Task Complexity and Subject Performance – Ossandon T, Jerbi K, Vidal J, Bayle D, Henaff MA, Jung J, Minotti L, Bertrand O, Kahane P, and Lachaux JP – The Journal of Neuroscience, 12 October 2011, 31(41): 14521-14530 (

abstract accessible en ligne)

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *