Johnny-Delajoux : le pré-rapport qui rallume le feu

Le 18 juillet, la polémique autour des soucis de santé post-opératoire de l’idole des jeunes prend une nouvelle tournure avec la publication par le Journal du dimanche d’un pré-rapport médical qui accablerait le Dr Delajoux. Une version contestée par le chirurgien qui, dans une interview accordée au Parisien, déclare : “selon les experts, (son) intervention s’est très bien déroulée“.

Petit rappel des faits : Victime d’une infection suite à l’opération d’une hernie discale, Johnny Hallyday est resté plus de deux semaines à l’hôpital Cedars-Sinai de Los Angeles. Placé deux fois en coma artificiel, il aurait frôlé la mort. Obligé d’annuler le reste de sa tournée, le chanteur a engagé une procédure judiciaire civile à l’encontre du Dr Stéphane Delajoux, qui l’a opéré le 26 novembre 2009 et la Clinique internationale du Parc Monceau. Deux experts désignés par la justice le 28 décembre doivent établir si de possibles “erreurs, imprudences, manque de précautions nécessaires, négligences pré, per, ou postopératoires, maladresses ou défaillances fautives“ ont été commises par le Dr Delajoux.
Selon le JDD, les experts ne parleraient pas de “faute en soi“ du Dr Delajoux mais ils s’étonneraient qu’il n’ait pas informé que, lors de son intervention, il avait causé une brèche dans “

la dure-mère“ du chanteur (une des enveloppes du cerveau, ou méninges) provoquant des pertes de

liquide céphalo-rachidien (LCR). Selon le JDD, le rapport préciserait également que ce genre de cas nécessite normalement “en moyenne une hospitalisation de quarante-huit heures à cinq jours“ (…) “En cas de brèche dure-mérienne, il est recommandé de garder le patient au repos strict pendant quarante-huit heures pour favoriser la cicatrisation.“ “Un arrêt de travail en moyenne de deux mois est prescrit“…
Des conclusions contestée le jour même par l’avocat du Dr Delajoux qui déclarait que “La préconisation de la station alitée n’est pas obligatoire en cas de fuite de liquide céphalo-rachidien (…) et des études démontrent que, station alitée ou debout, les conséquences d’une telle fuite sont identiques“. Pourtant, toujours selon le JDD, les experts écriraient : “La prise en charge de la fuite de liquide céphalo-rachidien (LCR) n’a pas été conforme aux règles de l’art et aux données acquises par la science et l’information du patient, tant préalable qu’au détour du geste, insuffisante“(…)“Les manquements relevés à l’encontre du Dr Delajoux ont généré une perte de chance d’éviter la fuite de LCR, et donc l’infection, estimée à 75 %“.

Dans le Parisien, le médecin juge que Johnny est “un patient atypique“. “Au lendemain de l’opération, il a décidé de quitter la clinique sans même me voir“ (…) Après la ré-ouverture de la cicatrice et les soins prodigués deux jours plus tard, “ Là encore, j’aurais préféré le garder en observation, mais Johnny a voulu partir“ (…) Il “a pris l’avion pour Los Angeles après qu’une infirmière s’était assurée que la cicatrice était parfaite“. Estimant que “ce qui s’est passé ensuite n’est plus de [mon] ressort“, le chirurgien dénonce par son avocat Me Hervé Temime “la poursuite d’une campagne de dénigrement et de calomnie“.Invité de France-Info ce matin, le Dr Delajoux est resté sur la même ligne, défendant la qualité de son intervention, réfutant la nécessité de l’allitement en cas de fuite de LCR et rappelant qu’il “n’a caché rien à personne“, ni à Johnny Halliday ni à son entourage. Il a par ailleurs souligné qu’il avait les “mains attachés dans le dos“ du fait du secret médical :

La détermination de la cause mais aussi des conséquences (incapacité temporaire ou définitive) aura de lourdes répercussions financières, les 24 concerts annulés représentant plusieurs millions d’euros. Le rapport final des experts est attendu pour le 30 septembre 2010.
Luc Blanchot
Sources :Journal du dimanche, 18 juillet 2010 Le Parisien, 19 juillet 2010
France Info, 19 juillet 2010
Photos :Sipa

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