Cancer du sein : une nouvelle formulation de l'Herceptin

Une nouvelle formulation de l’Herceptin, indiqué dans le traitement de certains cancers du sein, vient d’être recommandée par le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Union européenne. Elle permet une administration sous-cutanée plus rapide et plus pratique que la voie intraveineuse jusqu’alors utilisée.

Une nouvelle formulation de l'Herceptin permettant une administration sous-cutanée à été recommandée par le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Union européenne.

Le

cancer du sein est le cancer le plus courant chez la femme dans le monde. Certains de ces cancers sont dits HER2-positif, car des quantités accrues du récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) sont présentes à la surface des cellules cancéreuses. Cette caractéristique est retrouvée chez environ 15 à 20 % des tumeurs. Le cancer du sein HER2-positif est une forme particulièrement agressive de la maladie. Mais depuis la fin des années 1990, ces cancers bénéficient d’un traitement ciblé le trastuzumab (

Herceptin®) qui a révolutionné leur pronostic.

Face aux cancers très avancés (sa première indication), il a permis de

gagner plusieurs mois de vie1. Et lorsqu’il est administré à des stades précoces après une chimiothérapie, il réduit les risques de récidives et permet donc de guérir plus de patientes2,3. Aujourd’hui, plus de 80 000 patientes reçoivent chaque année Herceptin en Europe.Concrètement, l’administration d’Herceptin s’effectue par voie intraveineuse et prend 30 à 90 minutes par dose. Le 28 juin 2013, le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Union européenne a recommandé l’approbation de la formulation sous-cutanée de ce médicament. Cette nouvelle formulation peut être administrée en deux à cinq minutes par une simple injection sous la peau. Cette innovation devrait permettre de réaliser des économies au niveau des personnels soignants et d’offrir plus de qualité de vie aux patientes. Cette forme sous-cutanée consiste en une forme liquide prête à l’emploi, administrée à raison d’une dose fixe de 600 mg/5ml toutes les 3 semaines. Pas de reconstitution du médicament, ni de calcul de dose en fonction du poids avec cette nouvelle forme galénique.C’est l’étude HannaH publié dans The Lancet Oncology qui a conduit les le CHMP à recommander l’homologation de cette nouvelle forme galénique. Selon cette étude4 qui a comparé les deux traitements chez 600 femmes, la pharmacocinétique et l’efficacité de l’Herceptin par voie sous-cutanée sont comparables à celles de l’Herceptin par voie intraveineuse.Le nombre d’effets secondaires “graves“ est identique entre les deux formules (quelques cas de neutropénie, de leucopénie…) Globalement, les effets secondaires sérieux étaient plus importants dans le groupe par voie sous-cutanée (principalement des infections). Quatre décès ont eu lieu lors de l’étude, tous survenant avant la chirurgie (1 dans le groupe par voie intraveineuse, 3 dans le groupe sous-cutané, dont deux qui semblent liés au traitement).La conclusion des auteurs retenue par le CHMP est que “cette forme sous-cutanée a un profil de pharmacocinétique et d’efficacité non inférieur à la voie intraveineuse, et offre donc une alternative au traitement standard“. Il revient désormais à la Commission européenne d’adopter ou non la décision du CHMP. David Bême 1 – Use of Chemotherapy plus a Monoclonal Antibody against HER2 for Metastatic Breast Cancer That Overexpresses HER2 – N Engl J Med 2001; 344:783-792 – March 15, 2001 (

étude accessible en ligne)2 – Trastuzumab plus Adjuvant Chemotherapy for Operable HER2-Positive Breast Cancer – Edward H. Romond et al. – N Engl J Med 2005;353:1673-84. (

article accessible en ligne)3 – Trastuzumab after Adjuvant Chemotherapy in HER2-Positive Breast Cancer – Martine J. Piccart-Gebhart et al. – N Engl J Med 2005;353:1659-72. (

article accessible en ligne)4 -Subcutaneous versus intravenous administration of (neo)adjuvant trastuzumab in patients with HER2-positive, clinical stage I—III breast cancer (HannaH study): a phase 3, open-label, multicentre, randomised trial – Prof Christian Jackisch et al. The Lancet Oncology, Volume 13, Issue 9, Pages 869 – 878, September 2012 (

abstract accessible en ligne)Click Here: New Zealand rugby store

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *