Cancer du foie : dépister pour améliorer le pronostic et la survie

A la veille de ses 79èmes Journées scientifiques, l’AFEF (Société Française d’Hépatologie) rappelle que le cancer du foie est l’un des cancers ayant le moins de chances de guérison et de survie à moyen ou long terme. Pourtant, 75 % des cancers dépistés précocement sont accessibles aux traitements curatifs et à la guérison, comme le montre une étude Française.

Tous les patients cirrhotiques devraient faire une échographie abdominale tous les 6 mois pour dépister précocement un cancer du foie.

Un pronostic qui stagne et une incidence en augmentationAlors qu’en 20 ans, le pronostic du

cancer du sein est devenu excellent, celui du

cancer primitif du foie  ou cancer hépatocéllulaire (CHC) n’a pas évolué. Selon le Pr Christophe Bureau, hépato-gastro-entérologue au CHU de Toulouse, “90 % des cancers primitifs du foie surviennent sur un foie cirrhotique et le pronostic reste encore sombre, avec une survie moyenne de 9 mois après le diagnostic. Par ailleurs, seulement 5 % des patients sont vivants 10 ans après“. Cette séquence foie normal – agression chronique (

alcool,

obésité,

diabète ,

syndrome métabolique ,

hépatite B et

hépatite C)- inflammation –

stéatose –

fibrose –

cirrhose – cancer du foie est en augmentation, principalement à cause de l’explosion des causes non alcooliques et non virales (diabète, obésité, syndrome métabolique). Ainsi on compte 10 000 nouveaux cas  de cancer primitif du foie (CHC) chaque année en France et environ 7 000 décès par an.Les 3/4 des CHC dépistés tôt peuvent bénéficier d’un traitement curatifUne étude française qui sera présentée lors des Journées de l’AFEF confirme l’aspect cout-efficacité du traitement curatif des tumeurs localisées de petite taille grâce au dépistage précoce de ces lésions. Dans la mesure où la grande majorité des CHC surviennent sur un foie cirrhotique, les experts de l’AFEF insistent,

comme l’année dernière, sur l’importance du dépistage précoce du CHC par une échographie systématique réalisée tous les 6 mois chez toutes les personnes atteintes de cirrhose. Cette fois, preuves à l’appui, l’AFEF présente les résultats d’une étude française qui montre que la survie à 10 ans est de 76 % chez les patients cirrhotiques qui ont le dépistage selon les recommandations versus 67 % chez les patients qui n’ont pas ce dépistage systématique. Ce résultat s’explique principalement par le fait que les patients qui ont ce dépistage systématique ont accès à un traitement curatif par ablation,

transplantation ou radiofréquence du fait de la petite taille de la tumeur : 79 % versus 43 % pour les patients n’ayant pas cet examen systématique de dépistage.  Pour obtenir ces résultats sans discussion, le coût supplémentaire des traitements précoces des cancers n’est que de 530 € sur 10 ans. En regard du gain de survie, le surcoût apparaît modeste “mais le dépistage systématique permet d’améliorer la survie de 5 mois, ce qui est un très bon résultat den cancérologie” précise le Pr Victor de Lédinghen, secrétaire général de l’

AFEF (Société Française d’Hépatologie), chef de service d’hépatogastroentérologie et d’oncologie digestive, CHU de Bordeaux. Et d’ajouter que “les conclusions de cette étude confirment la nécessité d’une campagne nationale en faveur de la réalisation systématique d’une

échographie abdominale tous les 6 mois chez les patients cirrhotiques“.Cependant, il y a le problème, en vie réelle, de parler à son médecin, surtout lorsque la cirrhose est d’origine alcoolique. “Ici, le rôle du médecin généraliste est crucial pour en parler à ses patients et demander un

bilan de la fonction hépatique  en cas de doute” ajoute le Pr de Lédinghen.La stéatose non alcoolique (NASH) en pleine explosionUne autre étude française qui sera présentée lors des Journées de l’AFEF qui se tiendront à Paris du 28 septembre au 1er octobre 2016 montre qu’au cours des 20 dernières années, on observe une augmentation de la prévalence de la

stéatose non alcoolique (NASH) due à la présence d’un syndrome métabolique (en particulier diabète et obésité) parmi les patients présentant un cancer du foie résécable. Ainsi, la prévalence de NASH a augmenté progressivement, passant de 2,6 % en 1995 à 19,5 % en 2010-2015. Il s’agit d’un problème émergeant et “il est important de lutter contre les stéatopathies métaboliques et le syndrome métabolique dès aujourd’hui“, déclare le Pr de Lédinghen, “et cela d’autant que si l’on arrête la cause, la stéatose voire les cirrhoses peu avancées sont réversibles“, ajoute le spécialiste.Le Pr Olivier Chazouillères, Président de l’AFEF, hépato-gastro-entérologue à l’hôpital Saint-Antoine, Paris, confirme : “le retard au diagnostic, même de quelques mois, peut avoir des conséquences très importantes sur la survie et les chances de guérison des patients, d’où l’extrême importance de l’échographie de dépistage tous les 6 mois“. Il précise également que de nombreux documents sont disponibles sur le site de l’AFEF, qui mettra à disposition, fin 2016, un site d’information grand public, avec des informations claires et accessibles pour tous.Une nouvelle campagne lancée par l’AFEFEn 2016 aussi, l’AFEF lance une campagne pour réduire massivement la mortalité liée au cancer primitif du foie en France. Cette nouvelle s’attache aux objectifs suivants :

  • Interpeller, à la veille des élections présidentielles, les pouvoirs publics sur l’urgence de mettre en place une politique responsable de lutte contre l’apparition des maladies chroniques du foie. De véritables mesures pour enrayer l’alcoolisme, une vraie politique vaccinale contre l’hépatite B en France chez les enfants afin d’éradiquer cette maladie comme cela a pu être le cas pour la

    variole ou le

    tétanos et de programmes d’éducation pour promouvoir les bienfaits d’une hygiène de vie équilibrée.

  • Sensibiliser les médecins aux enjeux du dépistage précoce et du suivi régulier des patients cirrhotiques et inciter les médecins généralistes et patients à se conformer aux recommandations de surveillance de l’évolution de leur maladie. Brochures et affiches en salle d’attente sont prévues à cet effet et, moyennant l’appui d’institutions, des spots TV.
  • Convaincre les patients cirrhotiques les plus réticents d’ouvrir le dialogue avec leur médecin généraliste. Une tâche complexe face à des patients souvent dans le déni de la maladie alcoolique ou de leur niveau de risque lié à l’hépatite B ou C.

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